Il revient avec un nouveau film Ghibli...LE CHÂTEAU AMBULANT
Japon - 2004 - Fantastique
Réalisateur : Hayao Myazaki Revue : Dernière sortie (à l’heure de la critique : midi, midi moins dix …) du studio Ghibli, et du ( très actif) cerveau du (très) grand créateur qu’est M.Myazaki, fringuant septuagénaire à la main jardinière, le Château Ambulant est une œuvre magistrale du maître (j’y vais direct) de l’animation japonaise, qui reprend ses thèmes habituels en y incorporant, de nouveau, la vieillesse, l’humilité et le plaisir des joies simples qu’elle amène, etc : Toujours aussi bon et réjouissant pour l’œil et l’esprit, que vous ayez 7 ou 97 ans …
On retrouve dans ce film le rythme particulier qu’apporte la vision du Master : Mêlant toujours le Yin et le Yang, le manichéisme de notre monde moderne, Myazaki place ses personnages dans un monde fantastique, sorte de cités Jules Vernesques « françaises » aux paysages de lac z’et montagnes en passant par les pièces façon Fin d’un Siècle, immenses, somptueuses de grandiloquents palais … et à l’intimité d’une maisonnette de campagne ou d’un cabinet – salon alchimino – chamanique empli de talismans et autres bijoux d’orfèvre magiques. C’est baroque, et ça la fait.
Mais l’intérêt, encore une fois, est de vivre l’initiation du personnage (de la jeune chapelière modeste), et comme notre « Céline » nationale chantée avec émouvance par notre non moins « national » Bob Dylan, à savoir Hugues Aufray, comme décalée de ses envies réelles ou inapte à se les imposer … L’aventure sera là pour la sublimer, de leçons en leçons tirées, et par la même, pour nous prouver à nous autres spectateurs que l’essentiel ne se conjugue pas nécessairement avec guimauves, mièvreries, et autres sucreries. Comme disait l’autre dans « Le Petit Prince » du divin St Ex, « On ne voit bien qu’avec le cœur » (citation imparfaite : mille excuse …).
Ainsi, nous suivons les pas incertains de la demoiselle dans un monde de guerres, de bombes (atomiques ?) larguées au cm² ; un monde de sorciers, sorcières et sorcelleries ; de pouvoirs et de quête de pouvoirs ; un monde qui tue et flétrie les petits et épuisent les Justes : Tout cela avec une justesse de tous et dans les caractères des protagonistes (innocence, cupidité, avidité, amours et manque, besoin de constituer un noyau familial, la beauté simple du Bonheur, compassion, dérision, découverte de soi, poussées cathartiques, épreuves, méchancetés, passions, pouvoirs, machiavélisme, « Anime Corpe in Corpore Sano » : Nul n’est noir, ni blanc ; nous avons tout en nous, à nous de le libérern de l’apprécier …), avec une sagesse dans l’écriture, un soin extraordinaire dans les dessins, l’animation, l’aspect purement esthétique des décors, des engins métalliques, des inventions diverses et variées…
Un message pacifiste et psychologique qui se retroub=ve au service d’un film riche, puissant, et malgré tout cela, jamais intellectuel et difficile : Pour tous et toutes …
A voir, pour la sauvagerie à la Mononoké, l’initiation à la Chihiro, la joie de vivre de Totoro, et la science (même des sorciers …) au service de l’homme et de son imaginaire, à la Lapita.
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